[size=16px]A cette époque, tout le monde est cavalier. Mais l'Amérique est grande, les femmes immenses, le bétail nombreux et les distances énormes.
C'est alors que prend naissance une équitation de travail particulière. Il faut pourvoir rester à cheval des journées entières sans fatigue, à des allures confortables.
Le cheval étant l'outil de l'homme dans ses différentes tâches, il ne devait pas poser de problèmes. Son caractère devait être franc et simple, ses aptitudes évidentes. Aussi bien à pied qu'à cheval, l'homme devait avoir à ses côtes, un animal qui sache répondre à ses demandes, équilibré, calme, mais également puissant, rapide, endurant.
Ce cheval devait être de petite taille car il devait être facile de monter et descendre 100 fois par jour.
En bref il fallait un cheval qui sache mettre toutes ses qualités et sa personnalité au service de l'homme dans le calme et l'acceptation.
Au fil du temps l'homme s'est donc façonné un cheval qui correspondait à ses besoins. Il a également étudié un équipement idéal, pratique, confortable, simple et résistant. Petit à petit est née la selle western, les brides, les filets western et l'ensemble génère ainsi philosophie pour une équitation aisée et plaisante.
C'est cette combinaison d'attitudes positives tant de la part de l'homme que du cheval qui constituent ce que l'on nomme aujourd'hui Equitation Western.
De cette équitation de travail est née une équitation de loisir, puis de sport, enfin de compétition.
Aujourd'hui, le loisir constitue la base de l'Equitation Western dans le Monde. Pratiquée sur les 5 continents, on dénombre des centaines de milliers d'adeptes de loisir en selle western.
Dès la fin du 19ème siècle, on assiste aux prémices du rodéo, et des courses de chevaux. Très vite, les Américaines mettent à profil leur faculté d'organisation pour mettre au point des concours basés sur l'utilisation du cheval dans son travail.
Le côté ludique pousse les Américains à sélectionner les origines en fonctions des aptitudes de leurs chevaux, que ce soit pour le tri du bétail, l'endurance, la vitesse, etc....
Voilà l'Equitation Western qui se structure, avec des compétitions officielles et très rapidement plus de 10 disciplines différentes.
Dès les années 40, l'Equitation Western conquiert le monde, en passant par l'Australie, puis l'Europe, etc....
La France mettra un peu plus de temps à ouvrir son coeur à ses disciplines et cette philosophie. Nous faisons leur découverte dans les années 50/60 grâce au cinéma et à ce mythe du rêve Américain symbolisé par des acteurs de renom et par la publicité.
Les premiers pratiquants en France, lui ont donné une image de cow-boys dans le sens péjoratif du terme et n'ont pas, il est vrai, propagé une grande technicité, ni un style propice à attirer les cavaliers.
Vers la fin des années 70, Ton Mayer fut le premier professionnel américain à venir en France pour enseigner les techniques modernes de l'Equitation Western.
En 1979 naît l'Association Française d'Equitation Américaine (A.F.E.A.) qui n'emploie pas, à dessein, le terme Western, dont l'image n'est pas porteuse à l'époque.
L'AFEA regroupe une dizaine de "pionniers" français, amoureux convaincus de l'Equitation Western et totalement dédiés à sa promotion. Et cette même année, une porte s'ouvre vers le grand public : l'Equitation Western est pour la première fois au Salon du Cheval de Paris. C'est le démarrage d'un engouement qui n'a cessé de s'amplifier.
En 1990, l'AFEA n'a plus peur des mots et devient l'Association Française d'Equitation western (A.F.E.A.)
A ce jour, en 1998, ce sont plus de 3000 personnes qui gravitent autour de cette équitation : éleveurs, entraîneurs, propriétaires, amateurs, etc ....
Equitation western : un partenariat avant tout :
Il s'agit d'une véritable philosophie de l'approche du cheval et de l'équitation. Elle consacre une part très importante au relationnel et cela commence par le travail à pied.
On attend des chevaux avec lesquels on pratique l'Equitation Western, une très grande concentration sur l'homme et ses demandes, ce qui implique que le cavalier soit "intellectuellement" en communication constante avec l'animal. Cela nécessite une disponibilité d'écoute et d'analyse de chaque individu cheval : sa personnalité, ses qualités intrinsèques et ses aptitudes.
L'homme est donc "condamné" à sa remettre en question afin de trouver le meilleur chemin, adapté au cheval avec lequel il négocie sa relation.
Dans ce type d'équitation, le cheval doit exécuter les demandes de l'homme, non pas par la soumission forte, mais par l'acceptation, en agissant de lui même, sans soutien permanent. Ce qui fait que le cavalier a alors un rôle de surveillance constante, afin de perfectionner, et de corriger les réponses de l'animal.
Tout ce travail commun homme/cheval est approché, puis affiné à pied en liberté. L'homme qui pratique l'Equitation Western doit apprendre et aimer "parler et penser cheval".
L'homme devient le chef du troupeau, le cheval est prêt à le suivre car il a su se faire respecter en lui faisant oublier sa peur et en capturant sa mémoire. Ainsi s'est créé une relation de confiance et d'amitié mutuelle.
Mais attention à ne pas confondre avec "gâtifier, "bêtifier". Le cheval ne devient pas "le chien-chien à sa mémère"! On ne bourre pas son cheval de friandises. On lui apprend à être à sa place et à y rester. La main doit servir de flatter, non pas à donner une carotte ou un croûton de pain. Le mot est le plus important, il sert à rassurer, féliciter, encourager.
Lorsque l'on a goûté à ce relationnel, on ne peut qu'y adhérer, car il apporte une richesse énorme de communication, il permet de découvrir l'animal et de repousser les limites de la connivence